Comment

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LE MIKVÉ, COMMENT ?

 

La première des choses et non des moindres fut de préparer le local, c’est-à-dire de dégager les volumes nécessaires tout en respectant les contraintes de construction qui marquaient les limites du possible en étendue et en profondeur.

Malgré toutes les difficultés présentées par la configuration des lieux, l’espace fut aménagé pour permettre la réalisation d’un mikvé pour les dames et d’un mikvé pour les ustensiles et les hommes, ainsi que deux salles de bain indépendantes pour les femmes. La conception et la construction des Mikvés ne sont pas une affaire banale, et bien qu’il s’agisse de bain, il ne s’agit pas de simples bassins, on peut s’en douter…car sinon, pourquoi cet investissement considérable à la fois en termes de volume de maçonnerie et de volume financier ?

Le Mikvé est un concept complexe, une réalisation sophistiquée, qui a pour but de reconstituer la disposition naturelle d’une source, d’un bassin de rassemblement d’eau …………….. (Chemini 2,13) selon la Torah. L’idée est simple mais paradoxalement nécessite une grande attention et une réflexion scrupuleuse tout au long du processus de sa réalisation, dont voici les grandes lignes :

La récupération des eaux de pluie se fait par une dalle de 30m² sur toiture, parfaitement lisse, tout en étant reliée à la terre, à l’instar des bassins (cinq prises de terre en tout sur l’ensemble).

L’adduction garantit la circulation de l’eau de façon parfaite, éliminant tout risque de stagnation ou de rétention, ne serait-ce du fait de simples rugosités.

Les chenaux de conduction sont finement lissés d’un mortier au sable de rivière (sans aspérités).

Last but not least, enfin, quatre bassins constitués par deux Mikvés et deux réserves d’eau pluviale, ayant nécessité en tout seize mètres cubes de béton ferraillé serré et coulé monolithiquement (une seule pièce sans reprise d’œuvre) en double coques séparées par un matériau ayant fonction de parasismique et d’isolant d’étanchéité.

Les bassins d’eau pluviale contiennent chacun 2000 litres. Il s’agit des 2000 litres nécessaires, disposés en deux bassins superposés de 1000 litres chacun et séparés par une cloison de plexiglas (Bor al Gabé Bor) munie d’une ouverture (de 10 x 10 cm) qui permet le contact entre les masses d’eau, de les unifier et créer de fait un continuum tout en préservant le volume d’eau de pluie du dessous qui, elle, reste inchangé (ceci pour des raisons de lois de la physique qu’il n’est pas possible ici d’expliquer). L’eau du bassin inférieur est, en quelque sorte, un fond garantie qui donne à tout le reste son statut et en cautionne donc, la Cacherout. (Hachaka).

Le mikvé des dames a trois niveaux, ces paliers successifs permettent l’ajustement de la taille pour un meilleur confort.

Notons qu’une Balanit (responsable du Mikvé) et ultérieurement deux ou trois dames se relayeront pour accueillir toutes les dames de la communauté. Ces Balanit ont été choisies pour leur discrétion, leur affabilité, et leur conscience religieuse dans le respect attentionné pour chacune.

Le Mikvé de la Tévilah est destiné à la cachérisation de tout instrument de cuisine et vaisselle. Le Mikvé pour les hommes, équipé de douches, rentre en fonctions les veilles de Chabat et fêtes.

L’hygiène n’est pas moins garantie que les règles de la Halah’a : l’eau du bain est changée très régulièrement, des produits spécifiques en maintiennent le p.h. et la qualité sanitaire, et de plus des prélèvements sont faits et analysés systématiquement.

Des caméras surveilleront la rue afin d’assurer la sécurité des dames.

L’esthétique n’a pas été négligée et une belle mosaïque tapisse agréablement les bassins.

L’ensemble des lieux respire le bon goût, la sobriété et le professionnalisme du fini.

 

Un Mikvé doit répondre à six conditions :

  1. Le Mikvé ne peut être constitué d’aucun autre liquide que l’eau.
  2. Le Mikvé doit être creusé à même le sol ou faire partie d’un édifice ayant des fondations dans la terre. Il ne peut être constitué d’un récipient susceptible d’être démonté et remonté ailleurs tel que bacs, tonneau, caisson, etc.
  3. L’eau du Mikvé ne doit pas fuir. La seule exception à cette règle sera le cas d’une source naturelle.
  4. L’eau du Mikvé ne peut être puisée, c’est-à-dire qu’elle ne peut être conduite au Mikvé par une intervention humaine directe.
  5. L’eau ne doit pas être canalisée au Mikvé par quoi que ce soit qui risque de devenir impur. En conséquence on ne peut utiliser à cette fin aucune canalisation ni aucun récipient de métal, d’argile ou de bois.
  6. Le Mikvé doit contenir au moins quarante Séas, trois coudées cube, quantité arrondie à mille litres.
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